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06/02/2006

Compte rendu de la réunion du 4 février (étude biblique)

Nous étions 8 samedi dernier à nous réunir à la Cathédrale Américaine pour étudier Romains 1,16-32;2,1-5, le fameux passage qui traite des relations contre-nature. J'ai eu la joie d'accueillir de nouveaux participants: Anabel et Andy de la Cathédrale, Bill un ami américain d'Andy, Bruno de Dunkerque et Craig de ...Nottingham ! Craig avait pris l'avion spécialement pour venir à cette réunion. Incroyable, non ?

J'ai conduit cette étude biblique en commençant par présenter le contexte de l'épître aux Romains. Paul l'a rédigé en 57 ou 58 à Corinthe, où existaient de nombreux cultes païens avec parfois des orgies rituelles mettant ne scène des relations homogénitales. La communauté de Rome était divisée entre les chrétiens d'origine païenne et ceux d'origine juive qui s'estimaient supérieurs. C'est à eux que Paul s'adrese Paul dans le 1er chapitre.

Nous nous sommes ensuite répartis en sous-groupes pour étudier le texte lui-même, en portant notre attention particulièrement sur le vocabulaire utilisé par Paul et la structure du passage. Nous avons ainsi essayé de comprendre ce que ce signifie par exemple des termes comme naturel (physis) ou contre-nature (para physin). Contrairement à ce qu'on a l'habitude de croire, une relation contre-nature (para physin) ne signifie pas qu'elle est contraire aux lois de nature (sens issu des stoïciens) mais simplement qu'elle est atypique, inattendue. Dieu lui-même agit parfois de manière contre-nature (para physin) (voir Romains 11,24). Il n'y a donc aucune condamnation morale par Paul des relations contre nature. De même, les passions (v.26) et actions (v.27) jugées honteuses (atimia et aschemosyne) renvoient à une désapprobation sociale et non à des attitudes et comportements immoraux et condamnables au niveau éthique. Les relations homogénitales sont en fait considérées comme honteuses car impures du point de vue des prescriptions juives (cf Lévitique 11,22).

Si Paul s'intéresse tant à l'impureté, c'est pour convaincre son auditoire juif que là n'est pas le problème. Pour un chrétien, seule la pureté du coeur compte (la "circoncision du coeur"). Jésus lui-même a dit que rien de ce qui rentre dans le coeur de l'hommme (donc les aliments) ne peut le rendre impur. Les prescriptions en matière de pureté sont donc caduques, et les chrétiens d'origine juifs à qui Paul s'adresse dans Romains 1 n'ont pas pas à s'enorgueillir du respect qu'ils en font. Ils sont tout autant que les autres soumis au péché qui est le vrai problème. C'est pourquoi le texte distingue explicitement deux conséquences bien disctinctes de l'idolâtrie: ce qui est impur et contre nature (v.24-27) d'une part , et ce qui ressort vraiment du péché (v.28-32) d'autre part (notez qu'aucun comportement sexuel ne figure dans cette liste).

Il n'en demeure pas moins que les relations homogénitales sont présentées comme une conséquence de l'idolâtrie. Pas vraiment positif comme constat, non ? C'est là qu'il faut lire le ch.2 verset 1 qui conclut en fait ce qui précède mais qui est rarement mentionné par les commentateurs: "Toi, qui que tu sois, qui juges les autres, tu es donc inexcusable. Car, lorsque tu juges les autres et que tu agis comme eux, tu te condamnes toi-même." Ce retournement démontre que la la condamnation apparente des relations homogénitales n'en est pas une. Le temps d'un paragraphe (v.24-27), Paul s'est mis à la place des chrétiens juifs qui se montraient arrogants à l'égard des Gentils en raison de leur impureté. Il a utilisé l'exemple des relations homogénitales car c'est ce qui posait le moins de question à l'époque tellement elles étaient répandues (les nourritures impures ou l'incirconcision auraient soulevé trop de polémique). Puis, après avoir montré que tous les chrétiens sont dans le même bâteau du péché (v.28-32), il leur demande donc de ne pas se juger les uns les autres. Son but est l'unité de la communauté chrétienne.

On voit donc comment la connaissance du contexte du judaïsme antique ou du vocabulaire grec utilisé dans ce passage sont importantes pour sa compréhension. On s'aperçoit aussi combien la division de la Bible en chapitres et versets (qui est apparue au Moyen-Age) a pu influencer l'interprétation de ce texte.

Retrouvez ici l'intégralité des notes de cette étude biblique

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